29 juillet 2007

ELLE Connaissez-vous Bruno Verjus ?




Sommes-nous en Bretagne ? Sommes-nous en Grèce ?

Granite, côtes dentelées, maisons blanches et volets bleus... le coeur d’Yeu la Vendéenne balance entre Ouest et Sud, entre tempêtes armoricaines et soleil aquitain. Farouche et douce à la fois, comme souvent les îles, Yeu recèle de solides gourmandises, propres à lester l’estomac de ses hommes qui sillonnent les mers. Pâté de thon, fricot de cochon, rustique ragoût de seiches, boudin blanc aux pruneaux, mérisses et betchets, beignets et biscuits maousse costauds. Une promenade matinale à Port-Joinville réveille d’autres envies. Daurades roses, thons d’argent, langoustines frétillantes s’étalent fièrement chez Hennequin pour s’offrir aux gourmands.Parmi eux, Bruno Verjus, auteur d’un livre exquis, mêlant histoires et recettes dans une même poésie. Gentilhomme érudit, manager, voyageur, cuisinier instinctif hors du commun, Bruno aime l’île et les « islais » depuis le jour béni de son enfance où ses parents achetèrent une modeste maison de vacances du côté de Saint-Sauveur. Il nous emmène au petit marché du port, à la rencontre des producteurs locaux. Marianne Sage cultive herbes et légumes bio avec Gérard, son époux, qui élève aussi de délicats agneaux sur les terres salées de Ker Poiraud. Annick Charuau vend de savoureux poissons fumés et emprisonne dans ses bocaux colorés rillettes de thon, de maquereaux, de sardines. Claudine Bernard affine ses fromages de chèvre, les pâtissiers Mousnier proposent la tarte des noces, faite de pâte feuilletée et de pruneaux compotés.


Les paniers pleins, Bruno regagne Ker Viroux, non sans s’arrêter en chemin.

Une première fois, il cueille un précieux bouquet de bourrache, fleur violette au goût iodé. Puis une brassée de roquette sauvage ensoleillée par ses fleurs d’or, quelques tiges de mauve, du fenouil. Aux fourneaux, il interprète les plats traditionnels de ses amis islais : les morgates au pastis d’Annette la voyageuse, les pinces de tourteau de Fernand, le voisin sauveteur en mer. Mais, pour l’amour de sa douce et le plaisir de ses invités, il célèbre à sa façon les produits de l’île, créant ses recettes, célestes. Chair fraîche de la daurade, herbes et fleurs des sentiers, larmes d’huile, voile d’épices, ventrèche de thon juste poêlée au gros sel, bar cru iodé d’huîtres, filet de lieu marié à l’oseille et à la brioche, crabe dormeur confit au beurre, salade d’araignée de mer à la tomate et à la coriandre, langoustines, roquette sauvage en fleurs et salade de rattes... une leçon de « less is more », une cuisine magique et spontanée, la quintessence des vacances, on plonge ! C.R.

1 commentaire:

Marie-France a dit…

Bonjour, je découvre votre blog grâce à cet article sur l'Ile-d'Yeu... J'aime votre façon poétique de raconter l'Ile, ses produits et ses personnages... Je suis moi-même entrée en amour avec cette merveilleuse ile en septembre dernier seulement, après une balade enchanteresse, alors que je la connaissais pour y être déjà venue plein de fois depuis mon enfance... Mais là il y a eu un déclic inexplicable. Je vais essayer de me procurer votre livre.
Cordialement,